Blog de Julien Desplanques

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Le plaisir du texte

Je reprends ce titre d'un livre de Roland Barthes ( rien à voir avec le champion de tennis qui faisait de la pub pour du thé) car on m'a demandé ce que ça m'apportait de publier un livre.
L'écriture est un délice de caste. Est ecrivain celui qui écrit, mais ceux qui veulent être publiés le font aussi pour appartenir à un club. Il y a dans le même temps ceux qui écrivent car l'écriture est une sorte de psychanalyse. Si cela est vrai cela revient à dire que les écrivains sont tous en thérapie. Objectivement nous pouvons donc dire que les écrivains sont perturbés psychologiquement. Nous le constatons par ailleurs de façon empirique en regardant n'importe quel plateau télé où des écrivains sont invités.
En outre, il est bien évident que les écrivains sont des gros lecteurs. Celui qui lit à plaisir à le faire pour de multiples raisons. Entre autres raisons il s'identifie à des gens qui font des choses extraordinaires et accomplit ainsi le but de tout être humain : sortir de sa condition (par le travail, les voyages, les mensonges, les drogues et diverses choses dont l'écriture et les prothèses mammaires). Si tout le monde s'accorde à penser qu'il y a identification lors de la lecture, personne ne peux contester que lors de l'écriture cette identification doit être poussée à un degré supérieur. Cela ne doit pas améliorer la santé mentale des auteurs (surtout ceux qui écrivent des romans à l'eau de rose).

Enfin la littérature est aussi exclusion et l'oeuvre d'une déception. Le roman serait écrit par un auteur impuissant à vivre les aventures des personnages de ses livres : conquête de partenaires sexuels attractifs, actions courageuses ou même héroïques, découvertes d'univers hors de portée de l'auteur (à travers le temps et l'espace ou chez des gens plein de fric).
Nous pouvons donc dire que les écrivains ont pour ambition d'appartenir à un club de "perturbés psychologiquement" et qu'ils écrivent car ils ont conscience de la médiocrité de leur existence.
Ah oui denière chose. Les écrivains trouvent toujours que les autres écrivains sont des minables et qu'il faudrait les étrangler avec leurs propres intestins.
Quant à moi je n'ai touvé que "Les mots" pour me définir car je suis un homme qui vaut tous les hommes et que tous les hommes valent.

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Commentaires

Le samedi 24 février 2007 à 10:23, par Kebina :: email :: #

Comme dirait l'autre, les écrivains sont des hommes. Rien que ça.

Le samedi 24 février 2007 à 10:24, par Kebina :: email :: #

par hommes, j'entendais Hommes. Ou humains pour les féministes qui passeraient par là...

Le samedi 24 février 2007 à 16:08, par arnaud m. :: email :: site :: #

pas tellement d'accord sur l'écriture comme pathologie... ai du mal à le voir comme ça, en tout cas. L'écriture comme force qui dépasse, oui, sans doute. Comme plaie qu'on fouille. De secrets qu'on met au jour. Mais comme maladie à guérir, non. "Impuissance de l'écrivain" : ou poussée de langage jusqu'où la langue est impuissante à nommer. L'analogie médicale réduit, et ne dit pas grand chose au final du mystère qu'on aborde. Non ? Débat intéressant, en tout cas, et inépuisable...

Le dimanche 25 février 2007 à 11:26, par Venise86 :: email :: #

En passant chez Lorenzo je suis arrivée chez vous? toi? je ne sais pas encore, nous verrons... Lorenzo conduit souvent vers des merveilles et une fois encore je ne suis pas déçue... Ce qui fait les rencontres pour moi est le sentiment de me retrouver sur des terres familières... cela a été le cas ici à vous, te, lire. Ecrire, je le vis encore comme un temps volé à la vie réelle, une culpabilité, moyennant quoi il y a longtemps que je n'ai rien produit. Publier, il faut oser, non vis à vis des autres mais de soi même. Puis-je assumer la vanité que cela peut traduire? Voilà, voilà et plein d'autres choses, mais je reviendrai...

Le dimanche 25 février 2007 à 13:53, par Venise86 :: email :: #

Et encore... "La solitude de l'écriture c'est une solitude sans quoi l'écrit ne se produit pas" M Duras

Le lundi 26 février 2007 à 16:08, par françoise bachmann :: email :: site :: #

Bonjour,

Je suis d'accord avec Arnaud, l'écriture ne peut être réduite à une pathologie, même s'il doit exister des écrivains présentant des troubles dits pathologiques. On disait de Schumann qu'il était fou, alors que Bach n'a pas été sujet à des jugements de ce type. Les perturbations psychologiques seraient davantage engendrées par d'autres facteurs que le simple fait "d'appartenir" à telle ou telle caste (ex caste des peintres, des architectes, des médecins...) Les écrivains sont de grands lecteurs et beaucoup de grands lecteurs ne sont pas écrivains. L'écrivain est-il plus sensible à sa volonté de vouloir sortir de sa condition en créant ce qu'il ne peut pas vivre ? Oui, tout comme des millions d'humains qui rêvent. L'écrivain que j'aime est celui qui relie, qui fait vivre mes sens et qui me fait passer du plaisir du texte au plaisir de vivre. Faire des choses extraordinaires : vaste programme. Il est possible que nous buvions trop de potions magiques composées d’infantilisme, de braderies incessantes à l’oppression et à l’affliction, de droit à l’abondance, de solidarité mondiale insistante et perpétuelle, de désengagement et de cloisonnement mental. Voici un extrait de "Si j'étais Dieu" de Barjavel : Si je mets dix hommes sur une île déserte, la loi d'attraction va les rassembler en deux groupes, et la loi d'opposition leur inspirer des idées absolument contraires sur la façon d'organiser l'île. Si un groupe pense "nord", l'autre groupe, par réflexe immédiat, pensera "sud". Et ils commenceront à ramasser des cailloux pour se convaincre réciproquement en se les envoyant sur la figure. Si un des deux groupes se montre plus fort et absorbe l'autre, une force d'opposition va naître en lui, grandir et le couper de nouveau en deux ou en plusieurs morceaux. C'est la loi! Ce n'est pas cela qui fait le malheur des hommes. Ils pourraient entre l'attraction et l'opposition, trouver un équilibre et vivre en paix, comme le soleil et les planètes. Ce qui les rend malheureux, c'est le bonheur. L'idée qu'ils s'en font, et le besoin de l'attraper. Ils s'imaginent qu'ils sont malheureux aujourd'hui, mais qu'ils pourront être heureux demain, s'ils adoptent certaine forme d'organisation. Chaque groupe a une idée d'organisation différente. Non seulement il se l'impose à lui-même, à grande souffrance, mais il cherche à l'imposer à l'autre groupe, qui n'en veut absolument pas, et qui essaie au contraire de lui faire avaler de force sa propre cuisine. Et chaque individu croit qu'il sera heureux demain, s'il est plus riche, plus considéré, plus aimé, s'il change de partenaire sexuel, de voiture, de cravate ou de soutien-gorge. Chacun, chacune attend de l'avenir des conditions meilleures, qui lui permettront, enfin, d'atteindre le bonheur. Cette conviction, cette attente, ou le combat que l'homme mène pour un bonheur futur, l'empêchent d'être heureux aujourd'hui. Le bonheur de demain n'existe pas. Le bonheur, c'est tout de suite ou jamais. Ce n'est pas organiser, enrichir, dorer, capitonner la vie, mais savoir la goûter à tout instant. C'est la joie de vivre, quelles que soient l'organisation et les circonstances. C'est la joie de boire l'univers par tous ses sens, de goûter, sentir, entendre, le soleil et la pluie, le vent et le sang, l'air dans les poumons, le sein dans la main, l'outil dans le poing, dans l'oeil le ciel et la marguerite. Si tu ne sais pas que tu es vivant, tout cela tourne autour de toi sans que tu y goûtes, la vie te traverse sans que tu retiennes rien des joies ininterrompues qu'elle t'offre.

Le lundi 26 février 2007 à 17:43, par Jean-Philippe :: email :: #

alors là bravo Françoise !!! Pour moi, très belle analyse de votre part. Que de belles phrases !!

Le mercredi 7 mars 2007 à 13:44, par Julien 2EN :: email :: site :: #

Trop long,un peu la flème de tout lire ( l'analyse de Françoise )!

Le samedi 22 décembre 2007 à 16:53, par manu :: site :: #

genial, je te remercie ebaucoup pour cette video, desplanues :)

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